And I Want these Words to Make Things Right

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Mar 11 Avr - 15:48
Master
Saïph A. Katz


Nom: Katz.
Prénom(s): Saïph, Abel.
Age: 21 ans.
Né le: 14.02.1996
Groupe: Master.
Classe: Première Année de Master.
Kiyoshi Teppei; Kuroko's Basket

Caractère

Saïph. La première chose que l'on se doit de dire de lui, ce qu'il faut saluer chez lui, c'est la cohérence tout entière de ce qui le compose. Il est quelqu'un de droit, à sa façon, donnant plus de crédit à la probité qu'à la légalité. De la même façon, il a dans l'âme l'équité avant toute forme d'égalité. On peut croire que je ne fais que jouer sur les mots en venant préciser tout cela, aux yeux de Saïph, ces "nuances", ces infimes différences, c'est loin d'être du pinaillage, c'est ce qu'il croit. Il est quelqu'un de manuel, de profondément scientifique, il s'aime à faire, être dans l'action plus que dans la parole. Cette dernière, il aime à la ramener à ce qu'elle est de plus pur, un outil de communication et d'expression, en aucun cas une arme de laquelle il faudrait se défendre, une chose dont on doit se méfier. Maniés par Saïph, les mots perdent de leur animosité. Il a beaucoup de sang-froid, c'est une qualité primordiale lorsque l'on se revendique pacifique.

S'il a le chic d'être franc et direct, il n'en oubliera jamais le tact qu'il convient d'avoir en toute circonstance. La provocation, c'est d'abord quelque chose pour laquelle il n'est pas bon, puis une arme dont il serait bien incapable d'utiliser (comme toute autre arme, à bien y réfléchir). Il n'a en lui aucune trace de bellicisme, ce n'est pas dans sa nature, il rejette la violence, son utilisation, même la plus légitime qui soit, lui pose un réel cas de conscience. Il croit dur et fort en l'être humain et en l'Humanité, en sa profonde bonté. La foi qu'il lui porte saurait faire de lui quelqu'un d'inconscient parfois, à ce que l'on dit... Il n'a pas pour habitude de juger les livres à leurs couvertures, il parlera aux doux agneaux comme au loup présumé qui en tyrannise quelques-uns. Ce traitement pour tous égal peut en interloquer plus d'un, lui qui ne cause aucun problème peut très bien se retrouver à sympathiser avec de grands fauteurs de troubles. D'ailleurs, c'est bien souvent que l'aide qu'il pense devoir dispenser à ceux qui en ont le plus besoin, l'amène à fréquenter les personnes les moins fréquentables.

Adorable créature, irréelle. Il donne, il se donne aussi un peu. Il se dédouane de toute abnégation, de sacrifice outrancier de son être. Il placera toujours ses propres besoins avant ceux des autres, dû moins c'est ce qu'il prône, peut-être la réalité saurait nuancer quelque peu ces propos. En effet, sans rien attendre en retour, il livrera à chacun ; de l'attention, de la discussion, de l'écoute, même des biens matériels s'il le faut vraiment. Avec un comportement comme celui-ci, on pourrait s'attendre à ce que, légitimement, cette attitude lui vienne d'un puissant désir de reconnaissance, sans vous dire que vous avez éminemment tort, ce serait lui servir la plus grande insulte que de lui dire qu'il joue les héros. Il ne se sent pas héroïque de faire ce qu'il fait, c'est ainsi qu'il se sent vivre, il doit au plus profond de lui se sentir utile. D'aucuns n'auront jamais osé lui faire cet affront, Dieu seul sait à quelle sorte de paradoxe cela l'entraînerait. Entre profonde déception, colère abrupte et conscience pacifiste.

Parlons peu, parlons chat. Il les adore, s'il en a le droit, il doit certainement en avoir une tripoté. Entre celui qu'il aura adopté officiellement et ceux qu'il nourrirait par bonté d'âme. À côté de ça, il a développé une peur panique des chiens, rester dans la même pièce que l'un de ces horreurs canines peut être un défi qu'il ne pourrait pas relever. Approcher l'un d'eux ? Cela relève de l'utopie. Au passage, on dira de lui qu'il a bon contact avec les enfants, bien qu'il n'ait pas toujours l'impression de réellement les comprendre, la manière qu'il a de les traiter comme des êtres humains normaux est souvent tout ce que ces têtes blondes recherchent. Il dirige un club. À ses yeux, il n'a rien d'un leader, toutefois, la sincérité de ses propos et de ces actes fait dégager en lui une sorte de charisme lancinant. Impossible d'y couper si trop longtemps, on reste à son contact.

Le club en question ? Jeune, il a longtemps fait du Rugby ainsi que du Judo, l'un pour s'adapter aux traditions locales, s'intégrer pleinement dans cette nouvelle société, l'autre pour compléter la discipline du premier, l'aspect psychologique y étant très important, mais aussi et surtout, pour apprendre à tomber. Effectivement, le rugby lui en aura fait baver de ce côté-là, aussi lui aura-t-il fallu apprendre. Finalement au lycée, c'est le tennis qui l'emportera et actuellement... Il oscille entre le club de handball et de volley. C'est pourtant vers le handball qu'il se destinera. Capitaine, l'activité sportive est pour lui importante et il mène son équipe avec entrain, véritable leader. Pour lui, le groupe est conçu comme les fils d'une trame qui doivent tous s'entrecroiser, se souder et se fédérer les uns et les autres pour coexister, c'est-à-dire exister ensemble et avancer dans une même direction. C'est une personne investie et concentrée dans ce qu'elle fait, on ne peut plus respectueuse, ce qui finit d'asseoir l'autorité qu'il hérite de la confiance d'autrui.

Il faut bien une ombrager ce tableau. S'il est très sympathique, amical, il est déstabilisant de constater qu'il marque une certaine distance avec les autres. Il est proche d'eux, connaître certains de leurs problèmes, de leurs secrets, sans que ceci soit nécessairement réciproque ou même qu'ils ne le connaissent réellement. Il ne se livre pas. Parler de lui-même est envisagé comme une perte de temps bien souvent (il s'agit là plus d'une posture pour facilité le changement de sujet). Bien sûr, il peut être amené à devoir parler de lui, dans une conversation lambda, mais ce sera de manière générale, sans vous apprendre quoi que ce soit de véritablement impactant, pas d'anecdotes croustillantes ou de fait-divers surprenants. C'est qu'il aime les gens. Il ne veut en aucun cas éprouver le sentiment de s'imposer, parfois, même lorsqu'on le convie à s'étendre sur qui il est, jusque dans les recoins trop peu explorés de sa tête, il n'osera pas, il prendra cela comme une simple politesse de votre part, lui démontrer que vous êtes des êtres sociables sans que cela ne vous intéresse vraiment. Il sera mal à l'aise.

Au final, c'est un problème de confiance. Il n'a pas besoin de plus de confiance en vous que celle qu'il place en tout être humain pour vous tendre la main. En revanche, essayer de venir l'aider lorsqu'il est en difficulté, vouloir le faire parler de lui, voilà une tâche bien plus hardie. Finalement, quand vous avez affaire à Saïph, vous interagissez avec tout ce qu'il a d'externe, vous pouvez apprécier, par de petits gestes maladroits, l'âme, palpitante de ce qui constitue son noyau dur, mais jamais la toucher, pas avant d'en avoir été digne. C'est qu'il aura étendu sur lui-même, comme un voilà, maintenant une certaine inaccessibilité à son lui profond afin de se protéger, de se conserver. Pour vous faire confiance, en tant qu'individu plus que comme un être humain lambda, il vous faudra devenir son ami, pour qu'il vous aime, vous devrez gagner sa confiance. C'est bête, mais c'est important. Comme tout le monde, la vie lui aura rappelé de ne pas se laisser amadouer par le premier venu.

Fort de cela. Rien ne l'empêchera de vivre. Ce qui le rend, à ses heures perdues, profondément attachant, c'est qu'il n'a pas peur de prendre du plaisir. Dans son quotidien, la notion de ridicule ne l'atteint pas. Il n'attend pas des autres d'adopter le regard qu'il pose eux, mais cela n'endiguera jamais un désir éventuel et soudain de faire du tricot sur un banc de l'académie. Il n'a pas peur du ridicule et dans son innocente parfaite à faire des choses que l'on n'attendrait pas de lui, il peut vous lancer un regard profondément confus quant à votre réaction de surprise ou même, votre rire. Il ne vous en voudra pas, la chose risquerait même de lui faire esquisser un sourire, sans pour autant l'arrêter dans son élan et vous questionner, pourquoi pas, ce qui vous surprend tellement à ce qu'il fasse de la danse dans les jardins, par exemple. Un point enfin en ce qui concerne le Libérium en lui-même et son fonctionnement. Il n'est pas naturellement bon en cours, il doit travailler pour arriver à un résultat satisfaisant. Il ne laisserait pas dire le freluquet qui pense qu'il est parvenu bien longtemps sans lui adresser ses meilleurs compliments. Nous l'aurons déjà fait remarquer, Saïph aura tendance à se plier à l'ordre établi, sans pourtant perdre de ses convictions. Il pourrait très bien lui prendre l'envie spontanée de choisir un servant et de ne jamais le traiter comme un larbin, mais plutôt profiter de l'occasion pour apprendre à connaître quelqu'un.

Bien que vous en conviendrez, ce n'est pas chose aisée, Saïph essaie, au mieux, de s'aimer. Bien qu'il rencontre quelques difficultés à cela, notamment vis-à-vis de son homosexualité. Sans trouver ça anormal en soit, il remet cela en perspective avec le regard qu'il suppose (à tort ou à raison) de sa mère sur la question. Il vit sa sexualité comme une trahison à celle à qui il doit tout. Aussi et sans doute, quelque part, comme un moyen irraisonnable de la freiner, a-t-il développé une paraphilie, l'asphyxiophilie. Plusieurs situations, récurrences, auront mené à cette déviance qui vient handicaper le jeune homme dans son intimité. Loin de ne pouvoir ressentir aucun plaisir au travers de tout l'éventail conventionnel et classique que l'on a de l'acte, il ne se sentira pas toujours légitime, il ne consommera qu'à moitié le fruit tendu, jusqu'à l'incapacité de jouir, simplement, ou même l'impuissance dans certains cas extrêmes. Le problème est au combien tabou pour le garçon qui ne saurait en parler à qui que ce soit d'autre que le principal concerné, son amant actuel.

Physique

Cheveux qui depuis longtemps auront oublié ce que c'est d'être soignés. D'un brun plutôt clair, s'étiole progressivement vers des couleurs plus vives, noisette, orangé, doré, à la lueur du jour qui se lève. Un front comme il faut, très légèrement bombé, pas trop grand, couvert par quelques mèches qui retombent, ici et là, éparses. Saïph arbore une coupe relativement courte, les oreilles dégagées, petites, discrètes, comme une ponctuation silencieuse de ses traits. Infinie tendresse d'un regard pétillant, l'iris mêlant avec science les orangés, le noisette, le brun et l'or. Souligné par un sourcil brut, épais, d'un brun plus foncé encore que celui de ses cheveux. Le nez est plutôt long, aquilin, les ailettes droites, effacées. Lèvres rosées, fragiles, d'une bouche assez ample. Le menton se démarque, dans une légère rondeur, d'où remonte les arrêtes de la mâchoire, abstraitement anguleuse.

La tête est attachée, solidement, au cou musclé que nous voilà. Dans le bas de la nuque, à gauche, deux petits grains de beauté. La glotte est marquée, franchement et clairement. La peau est tendue, gainée, fraîche et tendre. Se dessine de beaux atours, le dessin attrayant des clavicules se rejoignant sur le manubrium sternal dans un V plutôt appuyé. De là, les épaules larges, bombées, reluisantes d'un éclat matinal. D'ici partent deux bras, l'un d'eux porte un cercle imparfait de scarifications, comme un tatouage, comme un bracelet. Les aisselles, raisonnablement fournies en poils sont consciencieusement rasées. Les pectoraux se déploient, belles pièces de chair ornées de tétons colorés. Quelques côtes s'insinuent jusque sous la peau, au travers du rideau de muscles, avant d'être happé vers le creux du plexus solaire. S'en suivent les sulfureux abdominaux, morceaux de désirs aux qualités maintes fois vantées. Finit en apothéose ce tronc avec les ceinture d'apollon qui suggestivement conduisent jusqu'au pubis, dans une courbure lascive.

Sur les avant-bras, de petites veines bleutées viennent courir sous la peau, d'autres ressortent, massivement repoussées par le muscles, ferme, pulsent avec violence dans ce corps en paix. Le poignet rattache la main, forte et sèche à l'avant-bras puissant. Pas si viriles, ces mains aux longs doigts sont marquées par une l'impériale indiscipline de leur propriétaire à les hydrater. En effet, le talc appliqué pendant les séances d'entraînement aura suffisamment drainé l'humidité de ces mains pour les rendre rêches, sans être calleuses. La main est grande, rafle large et saisit aisément au vol le ballon dans sa course. Il faut dénoter ce foisonnement pileux de la région pubienne, écosystème propice au développement de l'appareil génital masculin. On ne le dit jamais assez, mais de belles bourses et une belle verge ne font jamais de mal. Celle-ci a une histoire, on a bien failli l'étêter.  L'autre face de cette partie-là, fesses rebondies ; flancs soyeux, doux et fermes ; hautes, elles dénotent l'acharnement rude que Saïph aura pris à se sculpter un corps digne des disciplines où il officie.

Le torse se clôt ici. Se prolongent les jambes au bout de ce tronc, des cuisses relativement épaisses, pour l'endurance, pour encaisser l'explosion nécessaire lorsque soudainement le corps doit se mettre en mouvement, arriver le plus vite à un point B. Les mollets seront correctement développés, notamment par le vélo qui fait partie de l'entraînement tout le long de la semaine, et même, quasi quotidiennement. La cheville et souple, assurée, musclée ce qu'il faut pour ne pas craquer dans les moments de pression. Les pieds, partie souvent mal aimée du corps... Ceux de Saïph sont assez grands, il doit chausser du quarante-cinq, au bas mot. La voûte plantaire est plutôt sèche, le talon aurait tendance à être victime de callosités. Les multiples frottements font que la peau agressée cherche à se défendre.

Finalement, pour ce qui est du style vestimentaire. Nous voilà bien lotis. Bien qu'il ne porte que de bonnes marques, le résultat est mystérieusement souvent le même. On a beau modifier la tenue chaque jour, le sentiment général est qu'il ne porte rien. La plupart du temps, un simple t-shirt aux coloris aléatoires, aux motifs originaux. S'il n'est pas en t-shirt, il est en débardeur, de même facture. Avec ceci, un jean ou un pantalon en toile, qu'importe la couleur, pourvu que cela convienne avec l'ensemble. En hiver, une grosse écharpe en laine et un bon manteau imperméable, en été, une énième petite veste de mi-saison. Pour ce qui est des cours, tout file directement dans un cartable en cuir de bonne facture, il a vécu, il suit Saïph depuis un moment dans ses études, c'est un compagnon fiable. Pour finir, il a ses tenues de sport, que ce soit celle aux couleurs de l'équipe dans laquelle il officie ou bien un simple ensemble jogging, sobre.

Histoire

Avant toute chose, avant son histoire, il y a celles de nos parents. Les conditions dans lesquelles nous naissances sont les augures de ce que nous réserve la vie. Rien ne nous empêche de briser ce moule prédestiné, si l'on veut laisser à l'Homme une forme de libre-arbitre, si on le libère de toute forme de destin. Toutefois, cette situation initiale et ce présage pour nous est bien présents, elle oriente nombres d'actions qui avant même que l'on soit en capacité de développer la moindre pensée concrète. Pour Saïph, tout était bien tracé, rien n'aura suivit le schéma que l'on présentait pour lui, rien n'aura été raccord aux espérances de son père.

Israël. Les années quatre-vingt-dix. Une femme, scientifique, docteur, amoureuse des étoiles et de la saga Harry Potter auront nommé son fils comme l'une des étoiles que J.K. Rowling aura délaissée. Abel, le second prénom de Saïph était celui que son père comptait lui donner, pour raccorder à la Torah, dans veine de ce qu'il entrevoyait pour son unique fils. Une vision éclairée de la situation dans laquelle Saïph s'empêtrerait, vingt-et-un ans plus tard.

Katz, nom de son père, nom d'épouse de sa mère. La seule trace d'un père qui, plus qu'absent aura été tout bonnement repoussé de la vie du jeune garçon. C'est pleine d'un élan d'émancipation, qu'Agatha de confession juive, certes, mais de nationalité anglaise, aura décidé de quitter la belle terre promise et toutes ces contradictions pour retourner chez elle, avec son enfant. En effet, bien que croyante -à sa façon- elle est loin d'avoir d'être entièrement dévouée à des textes archaïques écrits par les hommes. Si on doit lui tolérer une profonde croyance religieuse, elle est loin de penser que les choses sont figées dans le marbre.

Elle n'entendait pas laisser perpétrer sur son enfant ce qu'elle voit comme un acte de torture barbare. De toute façon, nous naissons juifs par la mère en ce monde, cela n'aura pas d'incidence pour l'enfant d'un point de son point de vu, sort au combien différent en ce qui concernait la Reine de Saba. En mère lionne, elle ramena son lionceau de fils en un foyer plus accueillant, la maison de sa sœur Ellie et de son mari David. Ils étaient eux aussi parents d'un jeune garçon, Eliot. Les deux enfants grandirent dans la même maison pendant plusieurs années, le temps pour Agatha de reconstruire tout ce qu'elle avait perdu.

Faire valoir ses diplômes, son expertise, ses compétences dans le domaine de l'astrophysique & de l'astronomie. Tout cela prit du temps, afin de s'assurer un salaire, de continuer ses recherches et démontrer son niveau réel, elle retourna à l'université sous la double casquette de professeur et chercheuse. Cette période de transition dura quelques années, suffisamment pour que les deux fils nouent entre eux un lien proche de la fraternité. Tout cela semble logique lorsque des bambins de cet âge sont projetés dans la vie sans n'avoir rien demandé à personne, d'exister.

Les marmots grandissent, les choses évoluent. Bien qu'Agatha, seule, aura su trouver un bel appartement pour y élever son enfant, maintenant professeure par choix, plus par simple obligation, le lien entre Saïph et Eliot ne s'effilochera pas sous prétexte qu'il ne se retrouvait plus dans le même lit lorsque l'un des deux fait un cauchemar. Il en faudrait plus que ça, il n'en faudra maintenant sans doute jamais plus assez. Ils sont irrémédiablement attachés l'un à l'autre, cœur à cœur, tous deux ancrés en l'autre comme au port où l'on retourne après les tempêtes.

À douze ans, c'est une forme nouvelle que prend cette complicité. Peut-être l'âge le veut-il, l'avènement de la puberté n'attendra pas longtemps encore pour pointer le bout de son nez, les premières hormones subliment les différentes querelles, en découle une sorte de rivalité fraternelle assez virulente. Bien sûr, ils se font parfois mal physiquement, mais aucun des deux n'ira jamais rapporter aux parents. Aussi, les corps s'échaudent, les esprits bouillonnent et c'est sans doute pour ça que Saïph n'aura pas constaté plutôt les réactions nouvelles et inopinées de son propre corps.

Laissons au temps, temps. C'est à quatorze ans pour la première fois que, dépassé (à cet âge) par la carrure d'Eliot que Saïph fut saisi à la gorge, ils avaient une énième fois chahutée tous les deux, ils s'étaient frôlés, touchés, entrechoqués, bagarrés avec une ardeur lascive. Tant et si bien qu'Eliot pu faire remarquer à Saïph l'érection qui le prenait, au moment ou ses doigts s'agrippait avec plus d'ardeur sur son cou. Ce n'était pas encore une forme de conditionnement, pas le résultat d'une simple équation de cause à effet, mais là chose fut suffisamment impactante pour s'insinuer chez l’Israélien, pour la première fois.

Graine plantée en terrain fertile ne peut que se développer, arrosée avec soin par la suite et entretenue assidûment par Saïph par la suite. Trêve de belles métaphores, ensemble, ils apprirent dans une forme d'inceste banalisé et dédramatisé des deux cousins, à connaître leurs corps. Sans grande rigueur, mais cela pouvait arriver. Pas de baisers passionnés, un besoin purement physiologique, assouvissement d'un besoin grandissant avec l'âge par la personne la plus proche que l'un et l'autre avaient sous la main. Il n'y avait pas lieu, pour Eliot à l'époque, d'aller jusqu'à l'acte pour cela, c'était hors de question, il voulait se réserver pour la fille de ses rêves.

Saïph lui, n'aurait pas été contre, surtout leurs seize ans entamés. L'école devenait de plus en plus rude pour le petit basané, qui devait fournir de plus en plus d'effort pour arriver à des résultats satisfaisant (au regard de sa mère). En effet, le frein principal à la relation de presque sex-friend qu'entretenait les deux garçons était la position d'Agatha sur le sujet. Elle ne s'était, certes, jamais longuement étendue sur le sujet, mais il était connu de tous son opinion sur les homosexuels, qu'ils fassent leurs jeux sordides dans leur coin, mais loin de ses yeux, loin de son fils, avant tout. Elle rêvait à cinquante ans de beaux petits-enfants, peut-être pour bientôt ? C'est vrai, la vingtaine n'était pas si loin après tout, elle pouvait bien s'apprécier à rêver...

Un dernier été ensemble. Ils n'auraient pas plus d'un été avant d'être séparés. L'un part à Glasgow, en Écosse, quand l'autre part pour un internat, le célébrissime Libérium, établissement connu et reconnu dans un rayonnement mondial. Pour la toute première fois, ils s'aimèrent. Comme deux véritables amants, envisagés l'un pour l'autre comme de potentielles âmes sœurs, comme des corps non seulement bien battis, mais attirant. Cela n'avait pas été toujours le cas & en cet été, ils étaient pleinement, et ce, depuis leurs années insouciantes de l'enfance, sur l'exacte même longueur d'onde. Quel meilleur cadeau d'adieu ? On peut dire que cet épisode n'arrangea en rien l'hypothétique paraphilie (c'est ce qu'elle était à ce stade) de Saïph.

Le bougre pu emmagasiné une tonne de moment association strangulation, légères pressions, caresses et jouissances, plaisirs, désirs. Le matériel tout indiqué en somme pour concrétiser, petit à petit, les déviances et les accrocher au tableau des nécessités de Saïph. Une bonne idée en outre, sans aucun doute. La chose, madeleine de Proust de ses ébats, reviendra fréquemment lors de ses nouvelles entrevues. En effet, admis à l'Académie, le bougre s’encanailla le plus possible à trouver des relations sans lendemain, un pansement déposé sur la plaie ouverte de sa libido, insatiable parce que vide de tous sentiments amicaux aussi bien qu'amoureux.

La Biologie commençait doucement à lui miner le moral, comme si ses relations humaines n'étaient déjà pas un plan sur lequel s’apitoyer en règle. C'est fou ce que le manque peu avoir comme effet. Lui qui était si exclusif finit par, comme un déclic, s'investir pleinement et devenir, à dix-huit ans membre star de son équipe de handball au lycée. Le sport le raccrocha à la sociabilité, les échanges et l'importance pour l'Homme d'avoir, de créer et de maintenir de contact avec les autres. Lorsque l'on parle de l'Homme comme un animal social, on ne ment pas. Aussi adopta-t-il, petit à petit, une nouvelle forme de comportement envers le monde, de quoi le préserver, peut-être de le cacher (l'enfermer?) au fond d'un écrin, plus que véritablement le protéger, toute en allant vers l'autre. Les prétextes sont nombreux pour tendre une main vers l'autre, saisir chacune d'elle était le nouveau défi de Saïph.

À chacun ses remèdes contre les maux qui nous oppressent. Tel était le sien. Un étudiant en sciences de la vie et de la terre, sportif reconnu, de sorte à ce que sa discipline figure comme une mineure dans son cursus. Une satisfaction personnelle, une fierté familiale, un sujet de raillerie entre lui et son cousin, qu'il revoyait de temps à autre, pendant les terribles vacances d'été. Plus ça allait, plus l'étau autour de lui se resserrait. Lorsqu'il donnait un foulard à Eliot, c'était comme pour lui tendre son licol, ses rennes. Un pacte silencieux et intime avec lui-même pour s'autoriser une relation qu'il ne devrait pas avoir. Non pas seulement avec son cousin, mais avec toute la gente masculine. Agatha s'était sacrifiée pour son enfant, si elle avait payé les frais d'inscription comme il se devait, ce n'était pas sans contracter un prêt. Malgré la pension de son mari, malgré l'aide de sa sœur, elle devait, chaque mois, faire bonne figure à son fils qu'elle voyait comme un Messie.

Drôle de Messie que celui qui se rend dans un club BDSM, n'est-ce pas ? C'est la réflexion que tu auras lorsque, la vingtaine passée, tu franchis le seuil de cet établissement. Tu expliques ton envie, ta recherche, tu signes des chartes, aucune décharge. Rassuré, tu vas expirer ton dernier souffle quelques minutes plus tard, la tête coincée dans un masque à gaz recouvert d'un linge humide. Celui qui devait te surveiller, te guider, se sera laissé allé, n'aura pas prit toutes les précautions, peut-être aura-t-il trop pris son pied lors de cette expérience, sans doute pas habitué à des carcasses de cette qualité et de cette fraîcheur. Qui sait ? On te réanime. Suite à ça, il serait logique de penser que tu coupes tout lien avec cet endroit, seulement... C'est quelques semaines plus tard que tu pousses de nouveau la porte de la boutique, avide.

Refuser la rencontre avec autrui, c'est s'appauvrir.
Pseudo : Maewis; Ehn'Yïel; Er'ril.
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Comment tu nous as connu ? Je me le demande.
Autre : ♥

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Mar 11 Avr - 16:44
Rebienvenuuue bel homme ♥
Courage pour ta fiche ♥
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Mar 11 Avr - 18:07
Wesh (re) bienvenu dans ce corps de bébé chaton tout doux !
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Mer 12 Avr - 13:14
Re bienvenue~
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Jeu 20 Avr - 21:34

Du coup.

Considérons cette fiche comme étant terminée (pas en terme de quantité ou de contenue, mais en terme de cohérence & de vraisemblance).

Je saurais me tenir à votre disposition au besoin, d'avance merci.
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Ven 21 Avr - 18:25



Félicitations !
Un personnage intéressant tant qu'il restera cohérent, mais pour ça il ne devrait pas trop y avoir de problème.

J'ai hâte de le voir évoluer parmi la population de Liberum.
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