Breathe in, breathe out # Wayne Dilworth {complete}

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Jeu 6 Oct - 23:41
avatar2

Breathe in, breathe out, don't fall apart

nom Dilworth
prénom Wayne
âge 36 ans
né(e) le 15/12/1979
nationalité Américain
groupe Master
profession Professeur d'arts dramatiques
avatar1caractère
L’homme que j’avais en face de moi, Wayne Dilworth, dégageait une sorte d’aura magnétique. Il ne devait pas avoir à faire grand-chose pour laisser une forte impression.

- «   Comment vous décririez-vous Mr. Dilworth ? Ou pourrais-je vous appeler Wayne ?

- Et vous, Docteur, comment me décririez-vous ?

- Vous savez aussi bien que moi que la réponse que je vous donnerais n’importe que peu… »

J’aurais tout aussi bien pu lui répondre mais, devant sa personnalité manipulatrice, je ne préférais pas entrer dans son jeu. Nous n’avancerions jamais si je lui concédais ses caprices et il y avait quelque chose dans sa manière de me détailler qui me dérangeait, comme si ses yeux cherchaient à lire en moi afin de pouvoir manipuler mes réactions.

- « S’il-vous plaît, veuillez commencer Wayne.

- Pour vous cela restera Mr. Dilworth, je ne vois pas pour quelle raison vous pourriez vous permettre ces civilités avec moi.

- Bien, Mr. Dilworth… »

Je sus que j’avais fait une erreur quand je vis un sourire satisfait naître sur son visage : personnalité narcissique ; malgré l’air étrangement doux qu’il affichait je n’avais pas besoin qu’il en rajoute pour sentir qu’il me considérait comme inférieur à lui et à quel point cela devait être naturel chez lui.

- « Narcissique n’est-ce pas ? Sûrement, mais je n’attends pas que vous me reconnaissiez comme supérieur à vous, vous êtes juste incapable d’en avoir conscience.  Je suppose que vous voulez que je vous dise la manière dont je me vois, mais ce fait ne viendrait-il pas perturber mon jugement ? Vous savez, je suis quelqu’un de cultivé, et je pense donc connaître les réponses que vous attendez… Et vous savez aussi bien que moi que tout cela, ce petit entretien, il ne nous mènera nulle part.

- Vous semblez bien sûr de vous, Wayne. »

Un éclair de colère, de frustration, je ne sus pas définir exactement ce que cette bravade avait provoqué en lui puisqu’il eut l’intelligence de se reprendre, il faisait preuve d’un grand contrôle de lui-même. C’était peut-être ce qu’il y avait de plus dangereux avec cet homme : il était loin d’être stupide. Mais cette colère, elle menaçait de s'échapper à chaque instant si je ne jouais pas le jeu, du moins c’était l’impression qu’il me donnait ; il était fait d’une essence pure d’équilibre instable.

- « Evidemment Docteur. Mon esprit est loin d’être suffisamment faible pour ne pas être sûr de moi. Je n’ai pas peur de l’issue de cet entretien, la peur est un sentiment que j’ai choisi d’ignorer depuis déjà bien longtemps. Vous seriez étonné de voir à quel point il est bien plus facile de réfléchir une fois que l’on a éliminé tous les sentiments inutiles. Porter un masque pour se fondre dans la masse, c’est tellement plus simple que de se laisser submerger par l’inutilité du ressenti.

- Arrivez-vous encore à ressentir quelque chose ? Savez-vous encore discerner le bien du mal Mr. Dilworth ?

- Je n’ai aucun signe de trouble de la personnalité antisociale et vous le savez aussi bien quoi moi. Je ne suis ni agressif, ni impulsif et encore moins désorganisé. Oui j’ai été en colère contre vous : je ne vous avais demandé qu’une chose et vous m’avez désobéi Docteur, mais cela ne justifierait pas que je décide d’attenter à vos jour j’imagine. Même s’il est vrai que je déteste que l’on me désobéisse Docteur, essayez de vous en souvenir à l'avenir.»

Mon stylo-plume courait sur le papier à une vitesse folle tant j’avais de notes à prendre sur lui. Je ne l’avais pas quitté du regard depuis plus d’une seconde qu’il m’appela, haussant le ton, et frappa le bois massif du bureau du plat de la main.

- «  Docteur ! Oh, comme cet air effrayé est doux à voir. Auriez-vous peur de moi Docteur ? De ce que je pourrais vous faire ? Vous savez, vous avez lu mon dossier. Vous savez que je différencie encore le bien du mal, vous savez que je suis encore capable de ressentir des sentiments… Le désir est bien un sentiment non ? Et je suis empli de désir, d’un désir qui submergerait toute chose si je ne le contenais pas.

- Je n’ai certainement pas peur de vous Wayne, je n’en ai aucune raison si, comme vous le dites, vous savez encore ce qui est… »

Je fus incapable de finir cette phrase qui resta coincée dans ma gorge, laissant seulement échapper un petit bruit étranglé face au léger sourire qui apparut sur son visage lorsque je lui fis une nouvelle fois l’affront de l’appeler par son prénom ; léger, presque imperceptible, mais empli d’une folie clairement visible.
avatar1physique
Je toussai pour me redonner contenance. Ce geste pourtant anodin, je perçus qu’il en devinait le sens. Son regard puait la supériorité.

- « Bien, passons à autre chose voulez-vous. Quelle image pensez-vous que les gens aient de vous ?

- Oh mais avec plaisir. Vous savez, ce n’est pas facile d’avoir l’air de quelqu’un de confiance quand on a ma stature, ma carrure ; je suis sûr que vous vous êtes senti minuscule en me voyant face à vous, Docteur. Ce n’est pas une faiblesse vous savez, ce n’est pas tous les jours que vous devez rencontrer des gens de plus d’un mètre quatre-vingt-quinze… Vous êtes-vous senti intimidé par ma présence ? »

Ses grandes mains caressèrent négligemment le bureau, si grandes que j’étais persuadé qu’il pourrait me briser les os sans le moindre effort si jamais l’envie lui en prenait. J’avais bien tenté de le cacher mais effectivement il était intimidant. Wayne Dilworth était ce qu’on pouvait facilement appeler une montagne, au moins de mon point de vue, et je ne doutais pas de la présence d’une masse musculaire plus que décente sous ces vêtements.

- « Effectivement Mr. Dilworth, j’avais lu votre dossier mais je n’ai pu m’empêcher d’être surpris par votre carrure.

- Surpris, comme c’est mignon. La surprise, est-ce là le seul sentiment que ma présence vous inspire Docteur ? Pourtant je sais de source sûre que je peux faire naître autre chose dans les cœurs… Narcissique, je suis presque sûr que c’est ce que vous avez noté en premier. Vous devez vous attendre à ce que je me décrive comme un être presque divin et en tout point proche de la perfection, et bien ce n’est pas le cas. Je suis conscient de mes défauts. »

Alors qu’il listait un par un les points qui ne lui convenaient pas chez lui, il faisait glisser son index sur chacun d’entre eux dans une sorte de danse fluide ; chaque geste était millimétré et chaque mouvement sensuellement assuré.

- « Mon nez Docteur, cette arête nasale bien trop prononcée, je la tiens de mon père. Ces pommettes trop saillantes et ces joues trop creuses, elles me viennent de ma mère. Ces lèvres trop fines et cette mâchoire affirmée, mon père à nouveau. Par contre, Docteur, je connais mes points forts... »

Je me contentai de déglutir sous le poids de son regard. Depuis qu’il était rentré dans mon cabinet je cherchais à éviter un contact prolongé avec ces prunelles inquisitrices. Il passa une main dans ses cheveux, ramenant quelques mèches plus longues en arrière et dévoilant ainsi une longue natte qui partait de derrière son oreille gauche, étonnant.

- « Je vous sens fébrile, la couleur étonnante de mon regard vous perturberait-elle ? Il est vrai que je suis moi-même surpris de la teinte turquoise de mes iris, étonnant compte-tenu que les yeux de ma mère étaient verts et ceux de mon père marrons… Certains disent qu’ils me donnent un air fou, est-ce aussi votre avis mon cher Docteur ? A moins que ce soit mes cheveux… Ma mère était une femme très cultivée vous savez, et il paraît que dans de nombreuses cultures la coupe corresponde à un geste de soumission, c’est pour cette raison qu’elle a toujours refusé que je les porte autrement que longs ; un signe de virilité et de puissance, cela me représente bien n’est-ce pas ? »

Il y avait quelque chose de magnétique dans ce qui se dégageait de lui, de magnétique et d’inquiétant malgré tout. Le ton de sa voix déjà grave et rendue rauque par ce que j’imaginais aisément être la consommation de tabac s’abaissa encore légèrement sur la fin de sa dernière phrase. Il y avait quelque chose d’indéniablement érotique dans la teinte chaude de sa peau, dans le grain de sa voix, dans sa manière d’être, de se tenir et même de respirer… Ce devait être mon esprit qui me jouait des tours.

- «  Avez-vous perdu votre langue Docteur ? Elle semblait tellement acérée et prête à tout pour me faire réagir il y a de cela seulement quelques minutes… Vous me décevriez presque.

- Je… Pardon, excusez-moi, je réfléchissais à la suite de notre entretien. »

Je me mordis la lèvre alors que mes joues se recouvraient lentement mais sûrement d’un léger rouge de gêne. Pourquoi m’excusais-je exactement ? Cela sembla lui faire plus que plaisir et il bomba sûrement instinctivement le torse, ses muscles pectoraux tirant sur le tissu déjà tendu de sa chemise parfaitement ajustée que je devinais avoir été faite sur-mesure. Il avait beau dire que ses lèvres étaient trop fines, elles donnaient un air carnassier au sourire qu’il afficha alors, à moins que ce ne fût la conséquence de l’éclair de je-ne-sais-quoi qui fit un instant pétiller ses prunelles turquoise…

- «  Prenez votre temps Docteur, je vous taquine. J’apprécie particulièrement l’air que vous avez en ce moment. Je me demande même celui que vous me montreriez si je décidais maintenant de me lever et de vous prendre violemment sur votre bureau…

- Mr. Dilworth ! »

Il partit dans un rire rauque et chargé d’érotisme avant de venir poser ses deux mains sur le bureau, décroisant ses si longues jambes pour pouvoir bien s’installer en face de moi. Ce ne fut qu’alors que je remarquai les seuls accessoires qui dénotaient : des bracelets, l’un aux grosses perles en plastique multicolore à son poignet gauche et l’autre aux fines perles en bois peint à son poignet droit. Il remarqua que mon regard s’était porté sur eux et il se mit à faire rouler les billes de plastique contre sa peau. Oh, son oreille gauche était percée au lobe, c’était étonnant.

- « Je pense que vous avez eu ce que vous vouliez Docteur.

- En effet… Nous allons pouvoir passer à la suite. »
avatar1histoire
- « Pensez-vous que je sois fou Docteur ?

- C’est à vous de me le dire Mr. Dilworth. Parlez-moi un peu de vous, tout le monde à une histoire, quelle est la vôtre ?

- Mon histoire… Avant que vous ne commenciez avec des absurdités préconçues, même si je suis certain que vous faites votre travail de la meilleure des manières, rien n’est la faute de ma mère. C’était une femme aimante autant envers mon père qu’envers moi. Nous étions une famille tout ce qu’il y a de plus normale, ce qui signifie que, non, je n’ai pas subi d’abus et, non, mon père ne battait pas ma mère, que ce vieux bougre repose en paix. »

Je le sentis presque amusé durant cette partie de l’entretien. Il savait effectivement ce que j’en attendais et ce que je cherchais à comprendre.

- «  Ne me sous-estimez pas Docteur, je sais que je ne suis pas simplement là pour convenir de ma capacité à exercer… Je sais ce que vous cherchez à savoir et je peux vous l’affirmer : non, je ne suis pas responsable de la mort de Jon. »

Il fit à nouveau rouler les sphères multicolores contre son poignet. En ce moment précis je pouvais effectivement attester de sa capacité à ressentir quelque chose vu son air affecté.

- « Nous n’en sommes pas encore là Wayne, nous y viendrons mais plus tard… Veuillez continuer votre histoire où vous vous êtes arrêté.

- Comme vous voulez. J’étais ce qu’on peut appeler un enfant sans problèmes ; ma scolarité peut se résumer à une route en ligne droite sans cahots, la moyenne dans toutes les matières, pas de maltraitances et je n’ai torturé aucun petit animal à cette époque. »

Un petit rire échappa de ses lèvres entrouvertes, trouvant dans sa phrase une boutade que lui seul comprit. En effet, comme il l’avait dit, son histoire était banale au possible : petites classes, lycée, faculté, rien de bien passionnant. Malgré tout je prenais en note chacun des mots qu’il prononçait, je comprendrais bien assez tôt.

- «  Vous devez sûrement vous demander quand est-ce que tout a changé, ce qui s’est produit pour que je devienne ce que je suis aujourd’hui… J’y arrive justement. Une femme, c’est toujours la faute d’une femme je suppose, même si ce n’est pas toujours celle de la mère. Elle était sublime, délicate et douce, tout le monde la désirait, mais c’était moi qu’elle avait choisi, ce qui n’a rien d’étonnant en soi me direz-vous… »

Il prit une pause, ses doigts se resserrant si fort sur le bracelet à son poignet que j’eus peur qu’il le brise. Colère ? Tristesse ? Je n’en avais aucune idée… Pourtant je pris le risque de lui poser une question.

- «  Prenez votre temps Wayne. Est-ce à cette période que vous avez pris conscience de votre orientation sexuelle ?

- Mon orientation sexuelle ? Je suppose que vous voulez parler de mon intérêt pour les hommes ? Et vous docteur, à quelle période en avez-vous pris conscience ? Cela fait deux fois que vous m’appelez par mon prénom et je ne me souviens pas vous en avoir donné l’autorisation, chercheriez-vous à me provoquer ?

- J’en ai pleinement pris conscience avant mon entrée à l’université, certainement à la même période que vous si mes calculs sont bons. Et il me semble, Wayne, que l’expression de votre désir d’entretenir un rapport sexuel avec moi justifie que je vous appelle de la manière que je juge la plus appropriée. Reprenez. »

Un rire à nouveau, je préférais presque quand il se comportait comme un enfoiré pédant. Je jouais avec lui, selon ses règles, je donnais dans l'espoir de recevoir. Il croisa à nouveau les jambes, se mettant à l’aise dans le fauteuil me faisant face, à l’image d’un seigneur en terre conquise. Cette attitude me déplaisait.

- «  Vous avez raison Docteur, je ne la désirais pas, j’en étais incapable. Mais ce n’est pas seulement pour la raison que vous pensez, elle était bien trop stupide pour ne serait-ce qu’éveiller mon intérêt. Pourtant j’ai accepté de lui laisser sa chance, et elle a échoué.

- Elle a échoué ? Expliquez-moi Wayne. En quoi cette pauvre fille vous a-t-elle déçu alors que vous n’espériez rien d’elle ?

- Elle était bien pire que juste stupide Docteur, elle était vénale, immorale et libidineuse. C’était une succube, seulement intéressée par l’argent de mes parents et ce que je ne pouvais lui offrir. Je l’ai juste laissée partir, je sais ce que vous pensez Docteur, mais je n’ai rien fait à cette catin. Je n’ai même jamais levé la main sur elle, et ce malgré le nombre de fois où je l’ai prise sur le fait en train de me voler et le nombre d’amants que je suis convaincu qu’elle a eu alors que nous étions en couple. J’ai même eu la patience de croire en elle pendant trois longs mois. Je ne me souviens même pas de son nom vous savez, et à peine de son corps qu’elle m’exposait pourtant vainement dans le but illusoire de m’envoûter.

- C’est donc cela ? Une simple déception amoureuse ?

- Je ne sais pas ce que vous cherchiez, je vous avais dit que ma vie n’avait rien d’original Docteur. Elle n’a rien à voir avec un quelconque mélodrame ou une espèce de tragédie dramatique. »

Menteur, c’était inscrit noir sur blanc dans son dossier qu’il y avait quelque chose d’autre et le bruit de plastique ne faisait que me confirmer ce dont je me doutais.

- « Parlez-moi de Jonathan. Est-ce lui la raison ?

- Je ne vois pas ce que vous attendez de moi.

- Parlez-moi de lui, Wayne, de la manière dont vous vous êtes rencontrés, de celle dont vous avez vécu ensemble, de ce que vous ressentiez… »

Il garda le silence quelques secondes. C’était bien ce que je pensais.

- « Nous nous sommes rencontrés sur le campus, j’étais en troisième année et lui venait de s’inscrire, il était perdu le pauvre petit… Je l’ai guidé jusqu’à sa salle et c’est tout. Après nous nous étions revus quelques fois à la cafétéria de la faculté, nous suivions le même enseignement à l’époque.

- Allez-y, racontez-moi…

- Vous vouliez savoir si je suis encore capable d’avoir des sentiments ? Et bien, Docteur, je suis tombé irrémédiablement amoureux de lui dès notre première rencontre. Il était sublime, si fragile et pourtant si fort… »

Plus il en disait, plus les perles colorées roulaient à son poignet. Je continuais de prendre des notes même si je commençais à comprendre le personnage qu’était Wayne Dilworth.

- « Ces bracelets, c’est lui qui vous les avait offert ?

- Oui, il a toujours eu la mémoire des dates, il m'en a fait cadeau à nos premiers anniversaires. Il n’avait pas beaucoup d’argent à l’époque alors je ne voulais pas qu’il m’offre grand-chose mais il refusait l’idée de ne pas fêter cette date décemment…

- Jonathan était quelqu’un de bien Wayne…

- Jon est un ange, Docteur, un ange tristement retourné d’où il venait. Une grande part de l’intelligence et de la gentillesse de ce monde est partie avec lui… Je l’aimais vous savez, je l’aimais plus que tout. »

Nous y étions enfin arrivés, maintenant il me suffisait de creuser un peu plus.

- « Non Wayne, vous ne l’aimiez pas, vous le battiez, c’est pour cette raison qu’il est parti.

- Non, non, vous vous trompez, je n’ai jamais levé la main sur lui, jamais dans le but de le battre.

- Précisez votre pensée Mr. Dilworth. Il y a des rapports dans ses dossiers médicaux, des bleus, des luxations. Si vous ne le battiez pas, dites-moi comment ils sont arrivés là ces rapports !

- Il, lui, il aimait ça… Il m’a appris comment lui faire plaisir, ce dont il avait besoin pendant le sexe. La contrainte, la violence, l’hypoxyphilie. Il m’a montré l’extase dans la retenue, la vraie signification de l’amour entre deux corps qui sont faits pour s’unir. J’ai senti son cœur battre pour moi, juste sous mes doigts ; j’ai vu la vie Docteur. Il m’a montré ce qu’était le plaisir avec un p majuscule, celui qui pousse le corps dans ses derniers retranchements au point de presque pouvoir caresser les portes du paradis.

- C’est ce qui s’est passé ? Vous lui avez permis de toucher le paradis ?

- Non ! »

Il s’était redressé, retournant le fauteuil en se relevant, et m’avait fixé droit dans les yeux, ses sourcils froncés dans un conflit intérieur. Je sentis une pointe d’angoisse naître en moi alors que son air semblait s’adoucir tout en devenant d’autant plus immoral…

- « Non Docteur, les portes du paradis sont faites pour être caressées rien de plus. C’est le triste sort des vivants. »

Perdu dans l’océan turquoise de ses prunelles perturbées, j’avais baissé la garde ; ce qui se produisit alors, c’était de ma faute. Dans un geste rapide il me saisit au col et je me retrouvai avec le haut du corps à moitié de son côté du bureau. Ses grandes mains virent s’enrouler autour de mon cou et toutes les cellules de mon corps me hurlaient de le laisser faire, qu’il n’était pas un assassin et qu’il valait mieux que je me laisse faire pour qu’il n’en devienne pas un. Pourtant je me débattais vainement, ne pouvant rien faire d’autre dans cette position que tenter de lui faire lâcher prise en serrant ses poignets.

- « Dis-moi Docteur, as-tu peur de moi ? Maintenant qu’il est trop tard, quel est ton diagnostic ? Respire Docteur, sent l’air entrer dans tes poumons, c’est terriblement enivrant n’est-ce pas ? Ne t’agite pas trop, tu risquerais de t’épuiser plus vite que je ne le souhaite. »

Il n’appuyait pas sur ma trachée, mes poumons se gonflaient et se vidaient dans un mouvement presque désespéré, mais c’était le sang qui n’arrivait plus jusqu’à mon cerveau alors que ses mains puissantes pressaient contre ma gorge comme un étau. Je me sentais si faible, si impuissant en ce moment précis, était-ce cela tout ce qu’il recherchait ?

- « Way…ne…

- Profite Doc, inspire, expire, laisse toi glisser, tu vas voir comme c’est bon… »

Ma vue se troublait un peu plus à chaque seconde qui filait, se perdant seulement dans cet océan turquoise orageux, et bientôt je ne sentis presque plus mon corps, ayant simplement l’impression d’être dans un nuage de coton malgré la douleur qui me ceignait la gorge. Soudain, son emprise disparut, me laissant comme un manque étrange et la sensation de sentir le monde tourner autour de moi alors qu’un millier de petits points blancs et noirs me passaient devant les yeux. Wayne Dilworth me tourna le dos, se préparant à sortir tandis que je tenais à peine sur mes jambes, pesant de tout mon poids sur le bureau.

- « Way-

- Cet entretien est fini Docteur. Non, je ne l’ai pas tué, je ne supportais plus qu’il me demande toujours plus de violence, nos rapports n’avaient presque plus rien de consensuels sur la fin. J’ai préféré le laisser partir voir d’autres hommes, je n’aurais jamais dû. Ma seule erreur aura été de ne pas croire en la confiance qu’il me portait, il savait que je me serais toujours arrêté à temps. Malgré tout il a changé celui que j’étais pour faire de moi celui que je suis à  présent. Vous m'avez poussé à ça, vous m'avez rabattu dans mes derniers retranchements. Peut-être suis-je un monstre Docteur, peut-être a-t-il réveillé la part d’obscurité qui sommeillait en moi, mais je ne pense pas être que cela. Ne privez pas le monde de ce que je pourrais lui offrir. »

Ce fut sur ces mots qu’il sortit de mon bureau, me laissant à moitié pantelant à chercher l’oxygène alors que la marque de ses mains était comme imprimée sur ma gorge. Peu de temps après je rendis mon évaluation ; je ne sus jamais ce qui m’avait poussé à lui accorder le droit d’exercer cet emploi de professeur auprès d’adolescents mais j’avais l’intime conviction que j’avais fait le bon choix… Cet homme avait en effet un monstre qui sommeillait en lui, mais Jonathan avait eu confiance, il serait capable de le contrôler. Et puis, cette part de ténèbres, n'était-ce pas notre lot à tous ?
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Hey ! Hey ! C'est encore moi ! - Sca'
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Ven 7 Oct - 1:35
Re-bienvenue Keith ~
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Ven 7 Oct - 1:53
Un hoooooooooooooooooooooomme!!!!

Un vraiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!!!

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah <3

*s'inscrit au cours*
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Sam 8 Oct - 5:40
Merci ~♥

Ma fiche est terminée !
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Ven 14 Oct - 13:15
Tu es validé !

REBIENVENUE ♥ Ce personnage est tellement classe ** Bien joué pour la validation ! Maintenant que ça c'est fait, tu peux dès à présent :

◊ Recenser ton avatar
◊ Recenser ton DC si tu en es un
◊ Faire ta fiche de liens
◊ Faire une demande de chambre
◊ Faire une demande de RP
◊ Faire une demande de master ou servant

Et commencer plein de RP ! Le staff te souhaite un bon jeu ♥

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